Le nouveau conte saharien de Beyrouk

    Le vieux Fou et La petite Fille qui n'était pas belle

Beyrouk 


        Comparaisons, rejet des différences et volonté de lissage de l’opinion publique sont désormais intégrés dans nos habitus sociaux. En France, au Japon, mais également en Mauritanie, à Debbay, où se déroule le nouveau conte de Mbarek Ould Beyrouk : Le Vieux Fou et La petite Fille qui n’était pas belle. En nous plongeant au coeur de la brousse mauritanienne, ce texte ouvre un champs de réflexions sur la valeur de nos vies, de notre place en communauté et de notre définition de ce qui est essentiel. Malgré l’aridité du Sahara, et des mentalités au sein de la classe émergente mauritanienne, ce conte reste un réel plongeon dans l’intimité quotidienne du village de Debbay, destablisée par une migration des plus singulières. 


Il était apparu un jour, venant d’on ne savait où. Il avait traversé le village à l’heure de la sieste, quand les vents chauds du désert léchaient les terres endormies, suçaient la sève des herbes, asséchaient les dernières salives des puits. On l’avait vu soudain marcher d’un pas vif, ses longs bras balayant l’air comme des ailes de rapace, vêtu d’un grand caftan sale, coiffé d’un chapeau en osier tout déchiré, pieds nus alors que le sol était fournaise, et marmonnant des mots indistincts.»"

    L’arrivée d’un homme sale et volontairement isolé vient soudainement révéler l'intolérance et la peur des habitants. D’abord dans la crainte de ce vagabond, l’annonce simultanée du retour de la pluie dans cette région asséchée et souffrante en transfigure sa perception. Ce vieux fou prend alors la place d’un prophète réconciliant le ciel et les Hommes. Le paria prend progressivement la place du martyre. 


    Malgré les louanges et pèlerinages de fervents citadins, ses contacts avec les autres restent cependant emplis d’invectives, de menaces et de crachats. Seul un être parvient à toucher son humanité et à l’attendrir : Aya, 9 ans, en paraissant 5, vit à son niveau une situation similaire de rejet de ses camarades de classe et de ses maîtresses. En retard de développement physique, difforme du visage, Aya est moquée et interdite d’éducation par sa mère, la protégeant de la violence d'un monde intraitable. 


    Les deux parias se retrouvent alors tous les jours sous l’acacia du village à partager des moments d’observation du monde, à apprécier le chant de l’oiseau Titi et à contempler la beauté du silence.


    Par notre attachement à ces deux personnalités devenues presque des amis pour nous, lecteurs, nous réalisons l'importance de ne pas nous fier aux apparences et de découvrir, avant tout, la richesse des personnalités, des pensées et de la poésie de chaque parole échangée.     Beyrouk sera pour notre plus grand bonheur au festival du Maghreb du livre à Paris du 27 au 28 juin 2026 aux salons de l'Hôtel de ville de Paris. Au vu des messages et des valeurs véhiculées par les contes du franco-scribe, il sera sûrement ravi de s'exprimer sur l'importance de l'ouverture au monde et du combat contre les préjugés.     En tant que lectrice-investigatrice, je vous recommande de découvrir l'univers saharien de Beyrouk et la pensée libérée qui en émerge.

    Merci à la maison d'édition Elyzad, qui met en lumière des auteurs engagés et des textes emplis de bienveillance et d'humanité.



Commentaires